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Le danseur-passeur de lumière

vers un renouveau de la danse sacrée

Notre monde matérialiste a besoin de retrouver le lien avec le sacré. La danse est pour moi ce lien vivant qui passe par la prière du corps et du cœur. En Occident malheureusement elle a depuis longtemps perdue les racines qui la reliaient à une tradition spirituelle, la religion ayant séparé le corps et l’âme. “La danse de l’Être” tente d’approcher ce mystère de l’indicible. Pour cela, je dirais qu’elle est, dans un mouvement non duel, à la fois un art et un art-thérapie (dans le sens étymologique de remettre en harmonie), transcendé par un troisième élément qui est la dimension sacrée de la danse. A travers cette trinité, je parlerais plutôt de la fonction de danseur-passeur de lumière, faisant référence à un archétype ancien où la danse était l’Art qui permettait le passage d’un monde à l’autre.

Même si je ne suis pas dans une tradition, ayant plutôt créé ma propre synthèse, je me sens  appartenir à un courant où le sacré est au cœur de l’Art. Je me suis éloignée en cela  du mouvement de la danse  contemporaine dans lequel j’ai été néanmoins. En effet, celle-ci est plus orientée vers l’expression de la personne à travers la technique. Il est dommage qu’elle laisse très peu transpirer la lumière de l’Être. Isadora Duncan disait “la grande faute de la danse moderne c’est qu’elle invente quand elle devrait se laisser inspirer par la nature”. C’est donc après ma formation en danse classique puis contemporaine que je me suis tourné vers l’Orient et que j’ai été initié au Butô de la nature, à la danse Nô, la danse indienne, la danse derviche. J’ai pu ainsi retrouver en moi les racines  de la danse originelle et de la danse sacrée.


Je ne m‘identifie pas au rôle de l’artiste telle que la société moderne l’entend. Lorsque je danse pour un public ou pour un lieu dans la nature, le mot spectacle me dérange. Je préfère employer le mot offrande. Je me mets dans l’ouverture et la réceptivité de recevoir les énergies cosmiques et je me relie aux énergies de la terre. Si les canaux d’énergies internes sont libres, le physique, l’émotionnel et le mental apaisés, la fréquence de l’Être peut passer. C’est comme une antenne qui, plus elle est libre et ouverte à la vibration de l’Être, plus elle peut recevoir d’ondes de lumière qu’elle va redonner autour d’elle. Je dirais comme Léonard de Vinci “Plaît au Seigneur, la Lumière de toute chose de m’éclairer, pour que je traite dignement de la Lumière”.

buto Théoul

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Tout l’art est de ne pas chercher à montrer ou exprimer quelque chose dans le sens de le sortir de soi. C’est plus un mouvement inverse. C’est  s’effacer pour permettre le passage de la lumière. C’est entrer dans un état vibratoire qui va permettre à une émotion, un sentiment, une force élémentaire, un archétype d’émerger. Ne pas chercher à fixer afin que ce qui traverse et passe par l’expression du corps soit en lien intime avec ce qui est là dans le  moment, touchant chacun dans sa propre histoire. La danse se fait alors miroir de l’âme où chacun peut se reconnaître.

C’est être comme un diamant dont les multiples facettes vont émettre telle ou telle couleur, suivant l’éclairage que chacun va projeter sur la danse. Mais la Lumière, elle, reste toujours la même.  Est-ce cela être une danseuse-passeuse de Lumière ?

Il en est de même pour la danse dans la nature.  Danser pour les éléments, les pierres, l’eau, les arbres, les papillons, le vent... c’est se laisser traverser par les énergies terrestres et célestes et leur offrir notre danse. Le retour est parfois surprenant, les éléments, les animaux et les êtres de la nature répondent. C’est un vrai dialogue, voir une communion ! 

Un effacement de la personne, de l’égo est nécessaire pour se mettre au service de l’Être. Une bonne partie de la préparation, ormie la pratique pour affiner l’outil qu’est le corps,  est avant tout psychique afin que le canal soit libre avec le moins possible d’interférences. Il peut y avoir une musique, un thème, une trame, mais ce ne sont que des supports. La danse peut être aussi totalement improvisée dans le moment présent et dans le silence, surtout dans la nature. 

Que ce soit en spectacle ou dans les stages ce cheminement de l’âme est le même. Dans cette attitude, ne retrouve-t-on pas la fonction de médiateur entre le Ciel et la Terre, le danseur ou la danseuse créant le pont entre les mondes et reliant dans ses gestes les plans de conscience du plus subtil au plus dense ? La danse, même si elle exprime alors des émotions ou sentiments humains n’est pas personnelle. Elle revêt un caractère universel car la Présence est là, avec l’œil du témoin qui regarde la danse des émotions, sans identification. 


Isis envol

J’aimerai vous partager la vision qui m’habite d’un J’aimerai vous partager la vision qui m’habite d’un archétype des temps anciens de “danseuse-passeuse de lumière” dans sa fonction de femme-prêtresse. 

Elle dansait dans les temples ou dans la nature. Sa danse, en harmonie avec le lieu, les éléments, la communauté et en lien avec l’Esprit permettait la connexion Terre-Homme-Ciel. Son corps habité était un temple vivant et vibrant où l’Esprit pouvait descendre. Dans sa reliance corps-âme-esprit, elle faisait le pont entre les mondes.  Son costumes était l’univers. Ses gestes et les formes qu’elle créait, étaient comme un mandala ou figure géométrique sacrée qu’elle traçait dans l’éther. Son rôle était d’harmoniser, équilibrer, élever la vibration des lieux ou des personnes, alchimiser le lourd en léger, amener les mondes de beauté sur Terre. Parfois accompagnée d’un danseur, ils symbolisaient dans leur danse l’union sacrée, une des portes d’accès à l’Êtreté.

Cet Art de la danse des temps anciens est de plus en plus présent en moi. Je crois qu’il est inscrit en chacun de nous, femme ou homme. Ne serait-il pas en train de revenir pour nous souvenir de ce que nous sommes réellement : des Êtres de lumière ? Je crois qu’un renouveau de la danse sacrée est nécessaire pour notre monde matérialiste moderne en décrépitude, perdu dans les méandres de l’égo. Je citerais encore Isadora Duncan, femme visionnaire et initiatrice de la danse libre, disant en 1909 “La danse de l’avenir sera un art hautement spirituel comme au temps des Grecs. Car un art qui n’est pas spirituel n’est pas un art, c’est une marchandise quelconque”.

Ce renouveau du sacré dans l’art auquel je me consacre avec la “danse de l’Être” est pour moi un appel du Vivant, un hymne à la vie, une ode à la nouvelle Terre en train d’émerger.

Fabienne Courmont

Fabienne Courmont est danseuse-chorégraphe, danse-thérapeute, créatrice et formatrice de la danse de l'Être©, fruit de sa recherche depuis 30 ans et synthèse de différentes traditions. Elle transmet son enseignement dans des stages en France et à l’étranger.

Une nouvelle Formation : « voyage initiatique à travers la danse de l’Être » débute en Février 2011. Vous pouvez vous inscrire dès maintenant.

Fabienne Courmont 04 50 56 63 38 - Fabienne.courmont@wanadoo.fr

www.danse-de-l-etre.fr  / www.buto-de-la-lumiere.fr